Chandeliers et flambeaux : comment choisir pour sa table
Point de dîner digne de ce nom sans un éclairage à la bougie. La flamme d’un flambeau ou d’un candélabre fait étinceler l’argenterie, donne bonne mine à vos convives et crée cette atmosphère intime et chaleureuse qu’aucun éclairage artificiel ne saurait égaler. Mais devant la variété des modèles, des styles et des matériaux disponibles, comment s’y retrouver ? Bougeoir ou girandole, flambeau ou photophore, style Louis XV ou Art déco ? Ce guide vous donne toutes les clés pour choisir les chandeliers de table qui sublimeront votre décor, en vous appuyant sur une tradition française d’orfèvrerie vieille de plusieurs siècles.
Flambeau, chandelier, candélabre, girandole : le lexique indispensable
Ces termes sont souvent confondus, pourtant chacun désigne une pièce bien précise. Les connaître, c’est déjà affiner son choix.
Le chandelier est le terme générique qui désigne tout support recevant une chandelle. Le flambeau est un chandelier à un seul binet (le petit anneau qui reçoit la bougie), formé d’une tige verticale reposant sur un pied circulaire ou polygonal. C’est la forme la plus classique, celle qui orne les tables depuis le XVIIe siècle. Les flambeaux se présentent toujours par paires et se placent de part et d’autre du centre de table.
Le candélabre est un chandelier à plusieurs branches. C’est la pièce maîtresse des grandes tables : deux branches, trois branches, voire davantage pour les grandes réceptions. Au XIXe siècle, les orfèvres de renom comme Christofle, Odiot ou Cardeilhac en ont produit des versions spectaculaires aux décors de feuillages, de torsades et de volutes rocaille, aujourd’hui très recherchées par les collectionneurs.
La girandole est un candélabre dont le fût est constitué de figures humaines, agrémenté de pendeloques en cristal taillé qui captent et diffusent la lumière à l’infini. Les cristalleries Saint-Louis et Baccarat en ont façonné d’immenses modèles qui ornaient autrefois les hôtels particuliers et les palais.
Le bougeoir, apparu vers 1824 avec l’invention de la bougie à la cire, est le plus simple et le plus mobile des supports. Bas, souvent muni d’une anse, il se pose aussi bien sur la table que sur un buffet ou une console. Le photophore, lui, enveloppe la flamme dans un contenant translucide en verre : il diffuse une lumière douce et protège la bougie des courants d’air. Très à la mode aujourd’hui, il se marie bien avec les styles contemporains.

L’histoire des flambeaux : trois siècles d’orfèvrerie française
C’est au XVIIe siècle que les Français introduisent une technique de moulage des flambeaux en argent massif : la base et le fût sont moulés séparément puis soudés. Le fût est cannelé, assez court, à section carrée ou en balustre, reposant sur une large base carrée ou à pans coupés. C’est déjà la forme que nous lui connaissons aujourd’hui.
Tout au long du XVIIIe siècle, les formes évoluent. Sous Louis XV, le style rocaille flamboyant joue sur l’enroulement des branches et l’asymétrie des ornements : ces candélabres sont aujourd’hui parmi les plus recherchés. Sous Louis XVI, retour à un style néoclassique plus dépouillé ; les flambeaux produits par paires vont orner les cheminées de toute l’Europe. Sous l’Empire, les grands orfèvres comme Odiot, inspirés de l’Antiquité, privilégient les formes en carquois ou en balustre, et l’argent cède la place au bronze doré et au vermeil.
Au XIXe siècle, avec l’invention du métal argenté par galvanoplastie, le second Empire démocratise les grands candélabres décoratifs inspirés des modèles Louis XIV et Louis XV. Des maisons comme Boin-Taburet et Christofle les proposent à une clientèle bourgeoise désireuse d’afficher son rang à table. C’est l’âge d’or des grands surtouts accompagnés de leurs candélabres assortis.
Quel style choisir pour votre table ?
Le choix du style est avant tout une question de cohérence avec votre vaisselle, votre nappe et l’esprit de votre intérieur. Voici les grandes familles.
Le style classique français (Louis XIV, Louis XV, Louis XVI) : des flambeaux et candélabres en métal argenté ou en argent massif, aux lignes élégantes et aux décors soignés. Ils s’accordent parfaitement avec une vaisselle en porcelaine fine et une nappe blanche immaculée. C’est le choix idéal pour un dîner formel ou une table de fête.
Le style Empire et Restauration : des formes plus épurées, des lignes droites, des matériaux nobles (bronze doré, vermeil). Ces pièces imposantes conviennent aux grandes tables et aux réceptions formelles.
Le style Art déco est très recherché aujourd’hui : formes géométriques, lignes sobres, métal argenté. Il se marie aussi bien avec une table contemporaine qu’avec une vaisselle vintage.
Le mix dépareillé est une tendance forte depuis quelques années : mélanger plusieurs flambeaux de hauteurs et de styles différents le long de la table. L’important est de conserver une cohérence de matière (tout en argent, tout en cristal) ou de palette de couleurs.

Conseils pratiques : placement, hauteur et sécurité
La règle de hauteur est la même que pour le centre de table : les flambeaux ne doivent pas gêner la conversation entre convives. Pour un dîner assis, deux options s’offrent à vous : soit des flambeaux hauts (au-delà de 40 cm) qui dépassent nettement le niveau des yeux assis, soit des bougeoirs bas (moins de 15 cm) qui restent dans le champ de vision sans le bloquer. Évitez la zone « intermédiaire » (20–35 cm) qui gêne exactement au niveau du regard.
Placez toujours les flambeaux par paires, de part et d’autre du centre de table, pour créer la symétrie. Sur une longue table, vous pouvez alterner petits photophores et grands flambeaux pour créer un rythme visuel.
Quelques règles de sécurité essentielles : n’utilisez jamais de bougies parfumées à table (elles perturbent les arômes des plats et des vins). Vérifiez que les bobèches — ces petits plateaux qui recueillent la cire écoulante — sont bien en place : une nappe tachée de cire est difficile à rattraper. Enfin, prévoyez un éteignoir : ce petit accessoire à manche en métal terminé par un petit chapeau évite de souffler sur la flamme (ce qui projette de la cire) et fait partie du service d’un bougeoir élégant.
Les questions que vous vous posez sur les chandeliers et flambeaux
Quelle est la différence entre un flambeau et un candélabre ?
Le flambeau est un chandelier à un seul binet (une seule bougie), formé d’une tige unique sur un pied. Le candélabre est un chandelier à plusieurs branches accueillant plusieurs bougies. Les deux se placent sur la table à dîner, le flambeau toujours par paires, le candélabre seul ou accompagné de flambeaux.
Combien de bougies faut-il pour éclairer une table à dîner ?
Comptez une source lumineuse tous les 60 à 80 cm sur la longueur de la table. Pour une table de 6 couverts (environ 180 cm), une paire de flambeaux encadrant un centre de table est suffisante. Pour 10 convives ou plus, ajoutez des photophores ou de petits bougeoirs entre les pièces principales.
Peut-on mélanger des styles différents de chandeliers sur une même table ?
Oui, à condition de garder une cohérence : même matériau (tout en argent, tout en cristal) ou même palette de couleurs.
Comment entretenir des flambeaux en métal argenté ?
Retirez régulièrement les résidus de cire (laissez-les durcir, puis retirez-les délicatement). Nettoyez le métal argenté avec un chiffon doux légèrement humide ou un produit spécifique pour l’argenterie. Évitez le lave-vaisselle, qui abîme le métal argenté et ternit les finitions.
Choisir ses chandeliers et flambeaux, c’est choisir l’âme de sa table. Ces objets à la croisée de l’artisanat d’art et de la tradition ont traversé les siècles parce qu’ils servent quelque chose d’intemporel : la lumière vivante de la flamme, ce luxe simple que nul éclairage artificiel ne remplacera jamais. Qu’il s’agisse d’une paire de flambeaux en argent massif hérités d’une grand-mère, de photophores en cristal disposés en chemin de table ou d’un grand candélabre de style Louis XV pour les grandes occasions, le principe reste le même : la qualité des matériaux, la beauté des formes et la perfection de l’exécution feront toute la différence.